Vivre à l’étranger : ce qu’on ne dit pas

Vivre à l’étranger, ça fait rêver beaucoup de personnes. J’ai eu la chance d’avoir de nombreuses opportunités de travail loin de la France et commence à être habituée aux déménagements à grande échelle.

Ne me dites pas que j’ai de la chance

Je n’aime pas vraiment quand on utilise ce mot parce que tout ce qui m’arrive actuellement n’est pas le fruit du hasard. J’ai mis beaucoup d’argent de côté, j’ai galéré entre études et travail, et j’ai toujours voulu apprendre l’anglais.

Les choses qu’un expatrié ne dira pas

Partir seul à l’étranger pour une longue période, c’est un minimum égoïste. On le fait avant tout pour satisfaire nos envies d’ailleurs. Oui, c’est aussi dans une perspective d’un avenir peut-être meilleur grâce à une expérience enrichie par une culture étrangère et une autre langue. Mais c’est nous qui nous faisons plaisir, et nos proches encaissent en silence.

On manque quelques moments importants

On a ce ressenti mitigé d’être heureux de changer d’environnement, et ce sentiment que notre famille et nos amis nous manquent cruellement. C’est pourtant la réalité et elle nous frappe en pleine face quand les temps sont difficiles, comme lorsque j’ai eu mon appendicite au Canada.

Les fêtes d’anniversaire de mes nièces et neveux, je les rate. Ca me fait mal au cœur mais je souris en me disant que je les reverrai très vite. Les repas entre cousines (énorme famille oblige), c’est fini aussi. J’ai du l’accepter même si c’est parfois difficile. Tout n’est pas tout rose, et on se dit parfois : « Qu’est-ce que je fais là ? ». Il y a des expatriés qui se fichent de revoir leur famille, mais je n’en fais pas partie.

Le dilemme des vacances

Déjà que trouver un travail à l’étranger relève d’un petit exploit, on doit aussi se poser la question des vacances. Quand j’étais en Allemagne, c’était relativement facile avec mes 5 semaines de congés payés. Au Canada, j’en ai deux de moins et un océan en plus.

Et la question de l’année : « Je veux partir à Hawaii mais j’ai aussi envie d’une bonne baguette avec du Maroilles parce que je suis ch’tie, et que je vais partager ça avec ma grande famille. Et la pluie me manque ! ».

Là, on s’organise comme on peut, en acceptant qu’on devra peut-être avoir un peu moins de vacances à la plage et sous les palmiers.

Les voyages forment la jeunesse

Ils représentent de merveilleuses opportunités sur le plan personnel et professionnel. On grandit. Pour autant, on reste humains avec nos forces et nos faiblesses, nos sentiments et nos envies.

Les gens me disent toujours que je rentre « tout le temps » en France. J’y mets de l’argent et je le fais surtout parce que ma famille et mes amis représentent tout pour moi. Je n’arrive pas à m’en séparer plus de quelques mois, c’est comme ça.

On s’éloigne de nos amis

Qu’on le veuille ou non, la distance se fait ressentir au bout d’un moment. Et tous ceux qui vous diront qu’ils viendront vous voir, mais ne le feront jamais (je l’ai entendu des tonnes de fois). Ces gens restent mes amis et ce n’est de la faute à personne. Ce sont nos choix de vie.

Heureusement, il y a quelques exceptions : ma mère est passée, des amis du nord croisés à Montréal et aussi Julien, un ami qui a fait le tour du Québec, récit qu’il raconte sur son blog Evaqi. Pour les autres, je suis toujours prête pour un apéro :).

Voyager est la meilleure chose qui puisse vous arriver

Après vous avoir fait part de toute cette mélancolie, ne croyez pas que l’expatriation est un mode de vie de dépressif. J’ai eu des hauts et des bas, et parfois je ferais beaucoup pour me prendre un billet et passer en surprise en France. Mais j’ai fait de nouvelles rencontres, j’explore de nouveaux endroits et je me fais plaisir.

J’ai un bon équilibre de vie et le Canada me plaît 1 000 fois plus que l’Allemagne. Plus j’avance et mieux je me sens, à tel point que j’ai repris le football (le soccer comme ils disent ici) alors que je suis au pays du hockey. Chose que je rêvais de faire depuis le jour où j’ai arrêté à un très bon niveau.

Et le plus dans tout ça, c’est que je n’ai jamais autant fait voyager ma famille :).

3 reflexions sur “Vivre à l’étranger : ce qu’on ne dit pas

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